Une piqûre de rappel

La vie est quand même vraiment curieuse parfois. Je n’oublie jamais d’où je viens et les galères qui ont été les miennes avant d’avoir la vie de maman que j’ai aujourd’hui. Je sais notre chance et j’essaye d’être à la hauteur de celle-ci, même si, parfois, souvent, dans le tourbillon, je ne prends pas le temps de me souvenir. Je n’oublie pas mais je n’y pense pas et râle un peu trop.

Ce n’est pas seulement pour parler de moi que je reprends la plume aujourd’hui, même si c’est à moi, enfin à mon moi d’avant, que cette histoire me renvoie. Je viens pour parler d’elle. Elle, c’est depuis quelques mois ma voisine. Peut-être qu’elle est quelque part sur la blogosphère et j’espère qu’elle ne m’en voudra pas de venir conter un bout de son histoire ici.

Il y a quelques semaines, elle et son compagnon sont venus chez nous pour nous demander de nous occuper de leur chat pour quelques jours, ils partaient à Madrid. Mon homme a demandé ce qu’ils allaient faire là bas et elle nous a raconté. Ils partaient pour un transfert d’embryon suite à une fiv avec don d’ovocytes. Pour elle, ce n’était pas quelque chose de nouveau, c’est une pmette aguerrie. Il s’agissait de sa quatrième fiv, la première avec le don. Elle en parle avec le sourire, autour d’une bière. Je suis admirative devant son apparente décontraction. On leur souhaite le meilleur.

Dans les semaines qui suivent, on les croise souvent, enfin surtout elle car lui est souvent absent pour son travail. Elle nous donne des nouvelles. C’est positif! Pour la première fois, elle a une vraie accroche! On se connaît peu mais elle partage tout cela avec nous très simplement. (Elle ne sait rien alors de notre parcours, je ne veux pas alimenter d’éventuelles angoisses.) Plusieurs échos montreront un embryon qui grandit bien, un cœur qui bat. Elle est aux anges même si elle sait, elle me le confie, que rien n’est gagné.

Il y a quelques jours mon homme rentre du travail, je suis dans le jardin avec les enfants. Il me dit « il faut que tu ailles voir la voisine, elle doit aller aux urgences ». A peine un bisou aux enfants, je cours chez elle. Elle est en larmes. Elle sort de chez un généraliste qu’elle est allée voir pour autre chose et, « pour se rassurer », il a fait une écho de contrôle et n’a constaté aucune activité cardiaque. Elle tombe dans mes bras. Je la connais peu mais je commence à trembler. On file à l’hôpital qui n’est pas tout près (40 minutes) de notre campagne. Dans la voiture, elle se calme, commence même à espérer que ce soit une erreur. Il s’est trompé ou bien sa machine ne marchait pas.. Je ne dis rien. Je ne veux pas nourrir de faux espoirs, je ne veux pas non plus la peiner davantage.

La suite, je la connais bien. C’est tellement étrange de revivre tout cela à travers quelqu’un d’autre. De longues heures d’attente dans une salle au bout d’un couloir, de loin quelques ventres ronds (probablement des coups de poignard pour elle), des papas avec des valises, une interne débordée, sur la table un article sur Adriana Karembeu maman à 46 ans (pour rassurer?)… Je lui touche alors quelques mots de notre parcours, pour qu’elle sache que je la comprends. Enfin, c’est à elle. Je reste dans la salle d’attente. Je suis comme dans une bulle, je suis là pour elle. Je suis tellement enfermée dans ma bulle que je ne réalise pas que je connais cet endroit. Ces urgences, ce sont celles de ma toute première fausse couche (à l’époque, nous étions en vacances dans le coin) mais je ne le vois même pas. C’est mon homme qui me le rappellera plus tard.. J’attends donc sans penser à rien. Jusqu’à entendre ses cris qui déchirent le relatif silence du service. Sa détresse est si grande.. Toutes ces tentatives, tous ces efforts… L’interne, désemparée devant son chagrin, m’appelle. Je suis là, je la serre dans mes bras. Je pleure avec elle. Je sais bien ce qu’elle vit, je n’ai pas oublié. Et pour elle, tout cela prend encore une autre dimension. Je sais qu’aucun mot ne pourra lui faire de bien. C’est trop dur, trop cruel. Son compagnon appelle, elle est incapable de parler, je dois lui annoncer la nouvelle. Il pleure au téléphone, la communication est très mauvaise.

Vient ensuite le temps pour l’interne de présenter les options pour la suite. Quand on vit soi-même le vertige, on se fout de savoir ce que ressent la personne en face, dévoré qu’on est par ses propres émotions. Ce jour là, même si je le savais, j’ai vraiment réalisé à quel point il était difficile d’être le soignant dans une telle situation. Les lèvres de la jeune interne tremble, elle est clairement chamboulée par le chagrin de sa patiente mais reste très professionnelle. Je l’ai trouvée très bien, je le lui ai dit en partant.

Depuis, j’essaye d’être présente pour elle. Le fait d’avoir été à sa place m’aide à l’aider (même si son parcours est bien plus douloureux que le mien ne l’a jamais été). Elle est très seule et n’a personne sur place pour la soutenir. On lui a ouvert notre maison mais se confronter à nos enfants est trop dur pour elle, je le comprends bien. Je réalise combien j’aurais été incapable de l’aider si je n’étais pas moi-même passée par là. Je n’aurais sûrement pas su lui épargner mes enfants, je n’aurais pas compris comment ils pouvaient amplifier sa peine. Je lui aurais sans doute déclamé des phrases que j’aurais pensé positives mais qui n’auraient fait que minimiser sa douleur, et lui auraient sans doute donné l’impression que celle-ci n’était pas légitime.

Paradoxalement, en même temps que je la comprends elle, je comprends aussi tous ceux dont les mots ou les actes ne m’ont pas aidés à l’époque. On ne peut pas trouvé les mots justes si on ne l’a pas vécu soi-même, à moins d’être doté du super pouvoir de l’empathie absolue?

Ces événements m’ont un peu replongée dans ce passé douloureux. Il me semble si loin et proche en même temps, ce temps où j’oscillais entre espoirs, angoisses et peines, où le vide que je ressentais dans ma vie me hantait. Aujourd’hui, je suis quelque part une autre, de vide il n’y a point! Mais je vois bien que celle que j’étais n’est pas loin et les cicatrices sont bien là. Notre parcours nous façonne. Et aujourd’hui, loin de la douleur et de la peine qui ont été les miennes, je peux dire que je ne regrette rien. Je ne regrette rien car j’ai la chance (ô combien énorme) d’avoir connu une suite heureuse. Ces épreuves (je ne le savais pas à l’époque et l’incertitude était probablement le plus dur) m’ont conduite à ma vie d’aujourd’hui, je ne les changerais donc pour rien au monde.

J’aimerais pouvoir dire avec certitude à ma voisine, que pour elle aussi, un jour, cette épreuve supplémentaire sera une cicatrice bien fermée, douloureuse seulement si on appuie fort dessus, et que sa vie la comblera au point d’accepter cette cicatrice.

A travers ma voisine, j’ai eu une pensée pour toutes les pmettes que j’ai connues ici, celles criblées de cicatrices mais heureuses aujourd’hui, celles qui cicatrisent encore, celles qui ne parviennent pas à cicatriser… Je ne vous oublie pas.

Publicités

La suite…

Comme beaucoup de celles et ceux qui ont eu l’immense chance d’avoir vu leur vie basculer par l’arrivée tant espérée de petits humains, je n’ai pas écrit ici depuis une paye.. Ce n’est pas l’envie qui manque, peut être un peu le temps mais surtout un sentiment d’illégitimité… Soit je parle de mon bonheur et je suis indécente, soit je parle de mes turpitudes, et je suis indécente. Aujourd’hui, je prends le risque. Désolée si je choque.

Avant, quand j’étais sur ce quai froid et morose, j’étais persuadée que devenir maman allait résoudre tous mes problèmes. En fait, je pensais que tous mes malheurs étaient le fait de ce manque d’enfant dans ma vie et que plus rien ne pourrait me faire de mal ou de peine une fois cet enfant dans mes bras. Une maman est forcément comblée et ne peut pas être malheureuse. Aussi, j’avais bien attachée mes œillères pour ne pas voir toutes les preuves du contraire qui aurait pu me sauter aux yeux.

Oui, car être mère c’est un bonheur infini, c’est … je n’aurais même pas de mots pour en parler vraiment. Mais ça n’empêche pas les peines, ça n’arrête pas les ambitions et les envies, ça ne suffit pas à combler une vie, ça peut même déstabiliser.

Oh la photo est superbe! Un merveilleux papa, deux adorables têtes blondes, la mer en fond, le soleil souvent, les sourires, les câlins, les rires.. Elle est à l’image de beaucoup de moments que nous vivons depuis que nos bambins nous ont rejoints. Mais cette image de montre pas tout. On peut éventuellement voir les cernes des parents derrière les sourires, on peut deviner les cris et pleurs des enfants, les nuits hachées… Mais on ne voit pas le temps pour soi qui a disparu, la répétition des tâches du quotidien, les engueulades bien trop fréquentes dues en grande partie au manque de sommeil, la libido en berne, le temps à deux réduit…

Ne vous méprenez pas, je n’échangerais pour rien au monde cette vie qui est à la mienne, même si la période est un peu difficile, je la veux! J’ai juste besoin d’éclairer ce qui se cache derrière la photo idyllique. Cette période, je sais qu’elle va vite passer et qu’un jour j’y repenserai avec une grande nostalgie. Je me répète cela chaque jour pour savourer l’instant présent et ne rien regretter plus tard.

Nounours a huit mois aujourd’hui, Chispa un peu plus de deux ans. Ils sont mes amoures, mes trésors.. On a choisi de les avoir, on a pas empêché qu’ils soient si rapprochés et quand je vois la complicité naissante entre ces deux-là, je me dis qu’on a bien fait. Enfin, c’est la vie qui a bien fait, car nous, on ne sait pas faire des enfants sur commande.

Je dois juste continuer à m’adapter aux changements profonds qu’implique la maternité, les accepter et remodeler ma vie avec ces nouvelles données sans pour autant étouffer celle que je suis. Élever mes enfants sans m’oublier complètement car ce ne serait bon ni pour eux, ni pour moi.

 

Nounours est là

Un bail que je ne suis pas venue noircir ce blog.. A vrai dire, le temps qui file entre mes doigts y est pour beaucoup. Aussi, lire sur la blogo que les articles un peu trop « MILK » étaient ressentis comme « indélicats » m’a donné à réfléchir.

Ce blog, je l’ai ouvert avant tout pour moi. Parce que je ne parlais de ce que je vivais à personne autour de moi, parce que tout reposait sur notre couple, parce qu’il était vital pour me sauver moi et pour épargner mon couple que je puisse m’exprimer ailleurs et être enfin comprise. Ce blog m’a sauvée. A une époque (celle des fausses couches à répétition, des examens, de l’infertilité…) il a été un véritable phare dans la tempête, un refuge. Je pouvais non seulement vider mon sac de toutes les émotions qui me tourmentaient mais aussi et surtout être comprise et soutenue. De plus, partager les expériences, lire et soutenir d’autres blogueuses et blogueurs ou lectrices de l’ombre m’a aussi beaucoup apporté. A cette époque, je ne lisais pas tous les articles « MILK » mais je lisais avec émotions les dénouements heureux qui me permettaient d’espérer qu’un jour, peut-être le mien viendrait s’ajouter à la toile.

Bien sûr, je ne veux blesser personne et je suis désolée si mon histoire est source de sentiments douloureux pour quelqu’un. Je ne veux pas me censurer pour autant et je veux croire qu’il peut aussi être source d’espoir, comme tant d’autres l’ont été pour moi.

L’histoire ne serait pas complète si je ne racontais pas ici l’arrivée de notre Nounours.

Pour rappel, Chispa, la grand sœur de Nounours, est née par déclenchement six jours après terme. Le tout s’est terminé par une césarienne à dilatation complète pour non-engagement du bébé dans le bassin. On rêvait donc d’une mise en travail spontanée et d’une naissance par voie basse. Disons qu’on a été à moitié exaucés.

Le 16 février, 3 jours avant terme, je ressens les premières contractions (j’avais déjà eu quelques contractions dans la semaine). Après une heure de ballon et des contractions espacées de 5 minutes, je réveille mon homme (il a pas mal de choses à mettre en ordre avant de partir et on doit déposer Chispa chez des amis sur la route).

On arrive à la maternité vers 6h. On n’est pas les seuls! On est 7 couples à arriver en 20 minutes, 13 accouchements au total auront lieux dans la journée. L’effet nouvelle lune? L’examen indique que je suis presque dilatée à 6, on m’envoie donc directement en salle de naissance. Je rêvais d’un bain mais on me refuse la salle nature à cause de mon utérus cicatriciel et du travail déjà trop avancé. On me recommande vivement la péridurale, encore une fois à cause de l’utérus cicatriciel. Je finis par accepter (difficile de refuser quand, dilatée à 7 les contractions piquent bien forts et qu’on vous parle de risque de césarienne sous AG) à condition qu’on me mette la dose minimale et qu’on me laisse bouger. C’est d’accord. Manque de bol, tout le produit part du côté gauche et m’engourdit complètement celui-ci. Je suis donc immobilisée mais je ressens bien les contractions à droite.. Tant pis. Le travail continue d’avancer, tout le monde pense que le bébé sera né avant midi. Vers 11h, je suis à dilatation complète, il n’y a plus qu’à attendre que Nounours s’engage, chose qui ne se produira pas.

Nounours est né par césarienne à 15h44. La césarienne a été très éprouvante. Cette fois, mon homme était présent. On a eu très peur. Grâce à la péridurale qui ne fonctionnait pas bien d’un côté, j’ai pu ressentir tout ce qu’on me faisait (sans la douleur je vous rassure) à droite. C’est assez étrange comme sensation.. On n’a bien flippé quand la gynéco qui opérait a dit « je n’arrive pas à l’atteindre » en parlant du bébé. Je n’avais pas prié comme ça depuis bien longtemps.. Elle a fini par le sortir en attrapant un pied et on a entendu sa douce voix. Ouf! Bonheur. On a découvert sa jolie frimousse ensemble. Puis j’ai dû patienter près de trois heures en salle de réveil, il y avait trop de monde cette fois pour qu’on nous laisse ensemble en salle de naissance. Trois heures bien pénibles pour moi.. mais elles sont loin désormais. Tout comme les années de galère le sont même si on ne les oublie pas.

Aujourd’hui, nous sommes une famille.  Nous redécouvrons le quotidien avec un nouveau né, c’est intense à tous les niveaux. Du haut de ses 19 mois, Chispa est une grande sœur adorable qui réagit plutôt très bien.

Chaque jour, je remercie la vie pour ces cadeaux incroyables. Merci aussi à vous de m’avoir soutenue et suivie dans cette aventure. ❤

 

Ma vie de maman (TAG)

Margou m’ayant invitée (Merci ma belle) à participer à cette vague de MILK qui sévit sur la blogo, je m’attèle donc à ce questionnaire.

C’est assez plaisant de penser qu’il n’y a pas si longtemps, toutes ces MILK en puissance ne savaient pas si elles seraient mères un jour.. Moi-même, je n’aurais jamais penser répondre à un questionnaire sur ma vie de maman.

1-Présente toi en quelques mots, combien as-tu d’enfants ? Quels sont leurs prénoms ? Quel âge ont-ils ?

J’ai 33 ans. Je suis la maman d’une petite Chispa de 15 mois qui sera grande sœur en février.

2-Avant de connaître officiellement le sexe de ton enfant, le connaissais-tu déjà au plus profond de toi ?

Oui mais j’ai été aidée par une expérience chamanique (et je suis même pas illuminée!) que nous avons vécu en voyage quelques mois avant la conception de Chispa.

3-Maman au foyer ou maman au travail?

Maman en congé parental puis au boulot depuis deux mois. Pour le prochain, je reprendrai un petit congé parental jusqu’à ses six mois. J’ai énormément besoin de mon travail mais je suis incapable de laisser mon bébé à 10 semaines.. Je ne comprends pas qu’en France, le congé mat’ soit aussi court!

4-As-tu un objet ou quelque chose de symbolique faisant référence à tes enfants qui ne te quitte jamais ?

Pas volontairement non. Mais j’ai toujours une couche ou un jouet qui traînent dans mon sac.

 

5-As-tu déjà vécu une situation où ton instinct de maman a pris le dessus ?

Comme Margou, l’instinct, je l’ai surtout vécu avec l’allaitement (être réveillée par ses seins juste avant que le bébé appelle par exemple).

6- Fais-tu partie de ces mamans qui ont gardé leur test de grossesse ?

Non. Comme Margou (décidément!), chez nous le test positif n’est pas synonyme de victoire. Mais même sans ça, je ne m’attache pas vraiment aux objets. D’ailleurs, je n’avais pas gardé le tout premier.

Par contre, je les ai tous gardés au moins 24h histoire de pouvoir vérifier le lendemain que je n’avais pas rêvé.

7- As-tu du mal à te séparer des affaires de tes enfants ?

Pour l’instant, je ne me suis séparée de rien. Je garde tout pour prêter aux copains et pour le suivant. Mais je ne pense pas que j’aurai du mal.

8- Un achat qui te trotte dans la tête depuis quelques temps mais que tu n’as pas encore fait ?
Chispa a tout ce qu’il faut et on essaye de pas trop trop la gaver d’objets. Mais je pense que je ne vais pas résister longtemps à l’achat d’un trampo quand elle sera un peu plus grande. Elle adore déjà!

9- On dit souvent que pour un premier enfant, on a du mal à acheter d’occasion. As-tu réagi différemment pour ton deuxième enfant ?

Je n’ai eu aucun mal récupérer des affaires d’occasion et je n’ai quasiment rien acheté neuf pour Chispa. Il faut dire qu’entre les cadeaux et les prêts des proches, on avait tout ce qu’il fallait. Et puis, pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques, je suis pour la seconde main et quand j’ai besoin de quelques chose, je fais un tour dans une brocante. Ce sera pareil pour le suivant.
10- Un fait marquant depuis la naissance de tes enfants à nous raconter ? Qu’il soit heureux ou un peu moins …
Les premiers pas de ma fille il y a quelques semaines.. Tellement chou!!! ❤

11- As-tu déjà craqué nerveusement depuis que tu es maman ?

Oh oui. J’ai beaucoup pleuré au cours des premiers mois de ma puce car c’était un bébé qui pleurait beaucoup et très fort avant de s’endormir et je me sentais tellement impuissante, incapable de calmer ma propre fille. On passait des heures à la bercer, la rassurer, la cajoler.. mais rien n’y faisait. J’ai même pensé que la nature avait bien fait les choses en cloisonnant mon utérus pour éviter à un bébé d’avoir une mère aussi nulle (pathos quand tu nous tiens).
Avec du temps, de la patience et beaucoup d’amour, aujourd’hui Chispa est un bébé beaucoup plus apaisé qui s’endort régulièrement en gazouillant et souvent sans larme.

12 – Voulais-tu plusieurs enfants avant d’en avoir ? Ton avis a-t-il changé depuis ?

Je m’étais toujours dit que trois enfants au moins, ce serait chouette! Puis, avec les galères pour en avoir un, on devient moins ambitieux.

Aujourd’hui, je me dis que deux c’est déjà incroyable.

Je lirais bien les aventures MILK de Fortuna et Tomate. 🙂

 

 

Une belle remontée (Echo T2)

Déjà l’écho T2! Il y a encore quelques semaines, des regards interrogateurs se posaient sur mon ventre. Aujourd’hui, on me demande directement « c’est pour quand? ». C’est à une vitesse folle qu’un deuxième bébé se prépare à nous rejoindre.

L’écho T2 donc. Tout est parfait! Un bébé en pleine forme qui bouge toujours autant (je le sens presque tout le temps, pas le temps de m’inquiéter et c’est tant mieux!). Et l’autre bonne nouvelle, c’est que Marcel a encore bien bossé puisque le placenta est remonté! Suite a des saignements cet été, on m’avait annoncé qu’il était tout au bord du col et que je me dirigeais probablement vers un « placenta praevia ». On m’avait parlé de césarienne programmée, de repos forcé en fin de grossesse… Aujourd’hui, il n’est même plus « bas inséré », il est parfait. Bien joué Marcel! La gynéco qui a fait l’écho m’a dit qu’on m’avait inquiétée pour rien du tout.

J’ai le sentiment d’être une incroyable chanceuse. Je le suis. Je n’ai pas oublié la galère mais elle s’éloigne de plus en plus.. J’espère que toi qui galères aujourd’hui, un jour, tu auras le même sentiment que moi aujourd’hui.

 

Fin de la sérénité ?

J’étais probablement trop sereine, ça ne pouvait pas durer, une tuile devait me rattraper.. Je casse le suspense tout de suite, Nounours se porte comme un charme. Mais j’ai bien flippé.

Jeudi dernier (15 SA), alors que nous étions en vacances et en famille, au beau milieu du déjeuner, je sens que quelque chose se passe dans ma culotte (désolée..). Je ne m’inquiète pas trop et entre deux plats je décide quand même d’aller voir ça de plus près. Stupeur!! Du sang!!!

On met Chispa à la sieste et on file aux urgences les plus proches. Trois heures et quelques litres de larmes plus tard (je n’arrivais pas à ne pas penser au pire.. mon homme lui n’était pas inquiet), on aperçoit Nounours bouger et on entend son petit cœur battre, OUF!

Pas de décollement à l’horizon mais un placenta situé tout au bord du col (placenta previa) qui explique les saignements. Marcel est tellement balafré entre les hystéroscopies et la césarienne que le placenta n’a sûrement pas trouvé mieux pour faire son trou.

Voilà donc ma sérénité s’est un peu fait la malle car d’après l’interne, la grossesse (surtout la fin) risque d’être stressante, avec des saignements qu’il faudra absolument surveiller.

Mais l’essentiel c’est que tout le monde va bien.

L’aventure continue (écho T1)

Jeudi matin, nous avons revu notre Nounours, en pleine forme! Nous avons eu tout le loisir de l’admirer car ce coquin n’était pas coopératif du tout. Il va très bien et toutes les mesures sont parfaites.

Je n’en reviens pas. Une grossesse peut être égale à un bébé? Il en aura fallu cinq pour avoir notre Chispa et là, une seule et c’est bon? Je pense que c’est la preuve que le problème venait bien de la cloison, le doute n’est plus vraiment possible.

C’est incroyable comme je vis les choses différemment pour cette grossesse. Les symptômes sont presque les mêmes : quelques nausées et une grosse fatigue. La nouveauté, c’est qu’il n’y rien au niveau des seins. Ça m’inquiétait au début mais au moins ça m’évite de les palper toutes les cinq secondes.

Mais la vraie différence, c’est que je ne suis pas angoissée, presque pas. Je ne serre pas les fesses du matin au soir, je ne stresse pas à chaque passage aux toilettes, je ne pleure pas régulièrement en pensant que.. Non, je me sens plutôt bien. Je me projette déjà, chose que j’avais été incapable de faire à ce stade pour Chispa.

Je sais que c’est grâce à elle. Son arrivée m’a redonné la confiance qui s’était étiolée au fil des années de galère.

L’aventure continue donc et nous sommes heureux. Même si je n’ai jamais complètement perdu l’espoir durant notre parcours, je n’aurais jamais osé rêver que la roue puisse tourner à ce point..

Chispa, un an

Voilà, ma petite poulette a eu un an il y a quelques jours. Un an! Pour l’occasion, la famille était là, on a fait des beaux gâteaux, elle a soufflé sa bougie (avec la main, ça compte quand même?), a découvert les cadeaux..

La semaine qui a précédé son anniversaire, on s’est remémorés l’attente de fin de grossesse (Chispa a dépassé le terme d’une semaine), l’impression que tout cela était hier.. Et pourtant, un an!

Un an que cette petite blondinette remplit nos vies de sourires, de cris, de câlins (depuis peu), de pleurs, de couches, d’éclats de rire, de grimaces, de courses (à quatre pattes), de bonheur quoi.

Depuis sa naissance, c’est un bébé ultra dynamique et plein de vie avec lequel on ne s’ennuie pas, et c’est tant mieux, même si parfois on fatigue un peu.

Je me sens si chanceuse que ce petit bout de fille fasse partie de ma vie que j’en culpabiliserais presque.

 

 

Quelques nouvelles

Cette grossesse (c’est maintenant confirmé) semble suivre son cours. J’ai eu droit à une écho de datation hier et j’ai pu observer notre petit bébé qui bougeait déjà, à 8SA. D’après la gynéco qui m’a fait l’écho, il est au stade « nounours ». Nounours, ça me va bien comme petit nom, c’est calme un nounours 😉

Je me trouve étrangement sereine jusqu’à maintenant. Une première écho à 8SA.. Avant, ça n’aurait pas été concevable. Je pense que j’aurais d’ailleurs détesté les femmes enceintes aussi sereines.. Bon, je vous rassure, il y a quand même quelques inquiétudes. La semaine prochaine sera celle du « cap fatidique » des 9SA, celui qui a réduit à néant plusieurs espoirs de bébé par le passé.

Tout va bien, c’est ce que ne cesse de me répéter mon homme et il a tellement raison. Notre petite Chispa est toujours aussi pleine de vie, elle aura un an dans deux semaines!!! Nous sommes heureux et un petit Nounours va peut-être nous rejoindre dans quelques mois.

Croisons les doigts pour que ça dure !