Et si….?

Ces derniers temps, dans ma caboche, c’est un peu l’alternance des sentiments.

Je me sens bien / Je me sens mal

Je savoure notre vie à deux / J’ai le cœur brisé quand je pense que ça fait trois ans qu’on attend un enfant…

J’adore notre nouvelle vie en bleu et vert / Il y manque très fort les couleurs d’un enfant.

Je suis passionnée par mon nouveau métier / Pourrai-je travailler avec les enfants des autres toute ma vie?

Je m’arrête là car l’objectif n’est pas de faire pleurer dans les chaumières (de toute façon, je n’ai pas le talent pour).. J’ai juste besoin de faire le point, savoir (ou plutôt tenter de savoir) où j’en suis.

Ça va faire bientôt cinq mois (5 cycles!!) que Marcel est paré suite à sa remise à neuf.. cinq cycles que je guette le moindre symptôme (mes seins m’ont joué plus d’un tour), que j’y crois (à chaque fois!) et que je me prends finalement une claque.. Vous me direz que cinq cycles, ce n’est pas énorme et vous aurez raison. Mais ajoutés à tous les précédents.. et l’angoisse que ça ne marche plus maintenant que nous avons des données supplémentaires (spermo et AMH au ras des pâquerettes)..

Je pense souvent à cette phrase de Mark Twain que j’adore : « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Est-ce que maintenant qu’on connaît les obstacles, on ne peut plus y arriver? Je veux bien devenir amnésique!

Pendant ce temps-là, le délai du Professeur Duràcuir se rapproche de plus en plus : « Si d’ici la fin de l’année 2015, vous n’êtes pas enceinte, on envisagera une fiv ».

Cette idée me terrorise.. Je n’ai pas la force d’envisager un tel parcours. La vérité, c’est qu’après ces trois années, après ces quatre grossesses avortées, tous ces espoirs envolés en fumée, toutes ces larmes versées… « j’ai plus envie de me battre, j’ai plus envie de courir… »

L’autre jour, mon homme m’a bouleversée.. Nous venions de passer un bon moment sous la couette et étions encore enlacés quand il m’a dit, plein d’émotions: « Mishqui… si jamais on n’arrive pas à tomber enceinte… ». Il lui a fallu dix bonnes minutes avant d’être capable de terminer cette phrase. Mais cette amorce à elle seule a fait son effet. Lui, d’habitude si optimiste, si serein, envisage que ça ne marche pas.

Il a finalement réussi à me dire qu’il était d’accord pour qu’on tente une fiv. Il a envie de se battre lui. Je l’aime tellement.

Pour l’instant, je ne veux pas trop y penser. Nous avons deux mois devant nous durant lesquels tout est encore possible. J’ose espérer que la vague de la blogo m’emportera avec elle, même si je ne suis pas très présente ces temps-ci.

Je vous lis quand même et suis de tout cœur avec vous.. Je suis juste un peu recroquevillée mais je travaille à ma réouverture, promis.

La liste de mes vérités (les pas jolies)

Pour célébrer mon come back sur la blogo (laissez moi rêver que je suis importante), j’ai décidé qu’il fallait que je sois totalement honnête. Non pas que j’aie été malhonnête auparavant, mais je pense que j’admets difficilement certaines choses. Voici donc une liste (loin d’être exhaustive) de mes vérités, parfois très laides. (Je précise que globalement je suis très heureuse et consciente des chances qui me sont données dans cette vie, que la plupart du temps, je suis pleine d’espoir pour l’avenir. Mais cela ne rend pas les vérités suivantes moins vraies..) 

  • Je deviens égoïste et je me suis écartée de la blogo parce que je ne supportais plus ni les mauvaises ni les bonnes nouvelles.
  • En période d’ovulation, je n’arrive pas à penser à autre chose.
  • En période PM, je n’arrive pas à penser à autre chose.
  • Parfois, quand je pense à la possibilité que nous n’ayons jamais d’enfant, j’ai envie de disparaître.
  • Je m’en veux d’avoir un corps aussi naze.
  • J’ai l’impression d’être une erreur de la nature (je l’aime fort la nature).
  • Il m’arrive de lui en vouloir d’avoir autant de zoïdes atypiques (là, j’ai vraiment honte de moi).
  • J’appréhende le jour ou ma meilleure amie (qui vient de se marier) nous annoncera sa grossesse (là aussi, j’ai honte).
  • Je me sens vieille.
  • Je refume (ce qui n’arrange rien).
  • J’aime un peu trop l’apéro.
  • Parfois, je pense qu’on y arrivera jamais.

Mémoire et espoir

MEMOIRE-DESSIN

J’ai 17 ans, je suis en cours de philo, la discussion porte sur la mémoire humaine et mon prof nous sort « Si les femmes parvenaient à se rappeler vraiment de la douleur ressentie lors de l’accouchement, elle n’aurait jamais d’autres enfants ».

A l’ère de la péridurale, cette phrase est sans doute un peu désuète. Toutefois, je trouve qu’elle symbolise bien la complexité de la mémoire humaine ou plutôt sa légèreté. Et c’est tant mieux. Nous sommes ainsi faits. Les souffrances ne nous empêchent pas d’avancer (c’est même bien souvent le contraire). Elles nous rendent plus forts et nous construisent. Mais tout cela serait-il possible si nous nous rappelions de la douleur avec précision?

Je vais sortir des généralités pour vous parler de mon cas. Après tout, c’est mon blog et ce n’est pas un blog de philo !

Vous connaissez peut-être déjà mon histoire, celles des fausses couches à répétition, d’abord inexpliquées puis enfin comprises après la quatrième, une fois les cornes du taureau bien prises par nos petites mains tenaces.

A quatre reprises, j’ai porté la vie et nous nous sommes réjouis de la possibilité qui s’offrait à nous. A quatre reprises, j’ai senti cette vie en moi (seins douloureux, nausées, tiraillements et chaleur dans le bas ventre, émotions très fortes, bonheur). A deux reprises, j’ai eu la chance de voir le clignotement d’un petit cœur. Je l’ai même entendu une fois.

A quatre reprises, tous nos espoirs se sont effondrés et le bonheur a été remplacé par de lourdes larmes.

Et pourtant, à chaque fois, une fois les larmes séchées et la peine effacée par notre amour (oui, on le sait, je suis très fleur bleue), nous sommes repartis la fleur au fusil et rechargés d’espoir.

Avons-nous oublié ces espoirs passés envolés? Ces fausses-couches, le embryons aspirés lors d’un curetage ou déposés par mes soins dans une poubelle? (désolée pour ce détail glauque mais il faut que tout sorte..)

La réponse est bien sûr « non ». On ne peut pas oublier. On se rappelle des faits. Mais je pense que la douleur reste dans le passé, à sa place. En vous parlant de tout ça, j’ai un peu les larmes aux yeux, c’est vrai. Mais la souffrance a été vécue, elle est partie. Nous ne sommes pas à l’abri qu’elle revienne un jour mais pour l’instant, elle n’est plus là.

Je pense que si la douleur passée était trop présente dans nos mémoires, alors nous n’envisagerions même pas d’essayer d’avoir un enfant à nouveau. Cela n’empêche pas les peurs. A la minute où je verrai le + sur un test de grossesse, je serai terrorisée à l’idée de perdre ce nouveau bonheur. Mais tant que je n’aurai pas vu ce +, je n’aurai qu’une hâte, celle d’être à nouveau enceinte..

Je sais qu’ici vous me comprenez. Et en parlant de mémoire, je suis très curieuse d’avoir vos points de vue. Y compris celui de celles qui ont la joie d’avoir un ventre rond ou un enfant dans les bras aujourd’hui. Est-ce que les douleurs vécues vous semblent loin voire oubliées? Comment vit-on ces moments que l’on a imaginé pendant si longtemps? Que l’on a parfois cru impossibles? Je suis incapable de me projeter avec un ventre rond et plein de vie..

Je suis un peu présente en dilettante sur la blogo ces temps-ci (l’été est très chargé, je découvre notamment les joies de la vie de parents d’ado alliée à la vie de bergère tout en préparant ma nouvelle vie de prof) mais je pense fort à vous et je guette régulièrement les nouvelles.

Plein de bises à toutes et à tous (Où sont les mecs d’ailleurs???) ❤

Un an.. déjà!

A quelques jours près, cela fait un an que j’ai démarré ce blog.. Un an que j’étale la vie (et la non vie aussi) de mon utérus.. et que ça me fait un bien fou !

Ce blog m’a permis de parler de tout ce que je ne pouvais pas dire dans la « vraie vie ». Ma langue s’est ainsi déliée et aujourd’hui, je parle plutôt ouvertement de cette mésaventure et avec beaucoup plus de légèreté à mon entourage. Car nous qui vivons l’infertilité, n’avons aucune honte à avoir, nous ne sommes pas en faute. La blogo m’a beaucoup aidé à réaliser cela. Et je ne parle pas de toutes les autres belles choses que vous m’avez apportées, car la liste serait bien longue. Alors merci.

merci

Un an.. ça passe vite. Marcel et moi avons bien avancé en un an. Une fausse couche de plus. La quatrième et dernière (oui, je suis optimiste, vous saviez pas?) suite à laquelle le problème a été identifié et a priori résolu.

En un an, elle a changé la blogo.. Elle a changé car certain(e)s sont venu(e)s grossir les rangs mais aussi parce qu’un certain nombre d’entre vous a pris le fameux train. Je pensais que ce serait dur de suivre les grossesses de celles qui sont montées dans le train en même temps que moi, il y a 9 mois… et qui sont en train de pondre ou viennent de le faire. Mais en fait, non. Et le pire, c’est que je suis sincère. Je suis heureuse de savoir qu’il est possible de sortir de cette galère, peu importe sa porte d’entrée.

En un an.. j’ai changé. Je ne rêve plus d’une belle grossesse au cours de laquelle je serais radieuse et épanouie (non mais LOL).. En fait, je ne rêve plus de grossesse. La grossesse est juste l’étape nécessaire qu’il faut franchir et qui me terrorise. Au risque de choquer, je pense que si adopter était plus simple, je ne me poserais même pas la question et je n’essayerais même pas d’être enceinte. On essayera d’adopter dans tous les cas mais pour ça, il faut d’abord qu’on se pose quelque part.

Aujourd’hui, je mesure ma chance (mes chances d’ailleurs, mais je veux parler d’une en particulier). J’ai la chance d’avoir encore de l’espoir et de pouvoir me dire que tout est encore possible, le pire mais le meilleur aussi. Je ne sais pas de quoi demain sera fait et je n’ai aucune moyen d’être sûre de serrer un jour mon enfant (notre enfant) dans mes bras, mais je sais que cela reste possible et tant que le contraire ne me sera pas prouvé par A+B, je veux continuer d’y croire.

Lundi prochain, entre concours, mariage et déménagement, aura lieu le dernier (enfin j’espère) examen de contrôle qui nous dira si Marcel est apte à repartir au combat. J’espère fort le découvrir sous son plus beau jour..

Plein de pensées pour vous toutes qui vivez des moments forts, qu’ils soient tristes ou joyeux.

Alcool & émotions

Nous vivons en ce moment une véritable période charnière, en tout cas, je la vois ainsi.. Il y a trois ans, nous rentrions d’Amérique du sud sans projet concret. Nous vivotions dans un endroit du bout du monde de la France avec une vague idée derrière la tête. Et voilà que je suis tombée enceinte par hasard (ah quand je pense à la PB que j’aurais pu être), nous avons su que j’étais enceinte pendant une seule semaine avant d’être frappés (la claque fût très violente) par la première fausse couche. Une semaine, c’est peu, mais cela a suffi à nous chambouler complètement et l’insouciance qui nous habitait encore s’est en partie envolée. Je n’avais plus qu’une idée en tête, fonder une famille au plus vite. Les trois années qui ont suivi ont été, je pense, à l’image de ce chamboulement. A la première opportunité professionnelle un peu raisonnable pour l’un de nous deux, nous sommes partis nous installer à Poch’ville. Cette ville ne correspondait à aucun des critères que nous nous étions fixés. Mais nous nous sommes précipités quand même.. Enfin moi surtout je crois..

Trois ans et trois fausses couches plus tard, nous allons enfin quitter cette ville et nous installer dans le bout du monde de la France. La boucle est bouclée? Nous ne regrettons pas ces trois ans, ils nous ont apporté beaucoup. Nous avons tous les deux trouvé une nouvelle voie professionnelle et notre couple, au fil des épreuves, s’est renforcé. Mais il est temps de partir, non pour fuir mais pour tourner la page et nous faire plaisir, aller dans un endroit que nous aimons vraiment tous les deux.

C’est donc dans cet état d’esprit que nous étions ce week-end, à un mois du déménagement. Nous retrouvions justement des amis que nous avons connus en Amérique du sud et que nous revoyons le plus souvent possible. Et le week-end avait lieu dans notre futur département..

Entre retrouvailles et soirées arrosées, l’ambiance était propice aux émotions. Et bien je peux vous dire que j’ai bien évacué! Il a suffi de quelques minutes sous les étoiles avec mon homme, quelques mots échangés et tout est sorti. J’ai pleuré nos quatre petits bouts de nous envolés et il m’a serrée fort. Je lui ai dit que j’acceptais l’idée de ne jamais être mère mais pas l’idée de ne jamais faire de lui un père, c’est ça qui me bouffe et me rend si malheureuse.. Il m’a dit qu’il acceptait l’idée de n’être jamais père mais pas de me voir souffrir comme ça.. Nous nous sommes rappelés combien nous nous aimons, que cela est déjà beaucoup et serait même suffisant s’il le fallait. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’alcool, mais j’ai pu évacuer des choses et ça m’a fait un bien fou, je dois l’admettre… Nous avons aussi parlé de notre bonne étoile. Celle qui est avec nous en permanence car il faut le dire, à part ces galères, la vie nous a toujours énormément souri. Pour lui, même pendant ces galères notre bonne étoile était avec nous et c’est peut être parce qu’à ce moment là, c’était ce qu’il nous fallait, que nous les avons vécues.. ça fait réfléchir, surtout quand, dès le lendemain, je tombe sur cette citation dans un bouquin :

« Notre vie est tissée de fils visibles et invisibles. Nous n’en voyons que les fils visibles et nous nous insurgeons parfois contre la malchance ou le destin. Mais si nous pouvions en saisir la trame invisible, nous découvririons que tout événement qui nous apparaît défavorable porte de manière cachée un sens profond qui peut nous être bénéfique. Et bien des événements que nous jugeons malheureux nous apparaîtraient comme des chances si nous avions la connaissance de la trame invisible du destin. »

Je vous ai déjà dit que mon mec était un sage?

Le lendemain, c’était notre anniversaire. 13 ans que nous partageons nos vies. Un nouveau cycle commence prochainement. Je n’ai aucune idée de ce qu’il nous apportera mais je crois savoir que nous serons heureux.

L’infertilité autour de nous (dans la vraie vie)

Je lis parfois sur la blogo que les personnes touchées par l’infertilité se sentent seules et isolées. Pour ma part, j’ai presque le problème inverse. J’ai le sentiment que l’infertilité est partout et ça m’angoisse..

Bien sûr, j’ai des amis qui ont des enfants (de plus en plus) et il m’arrive de les envier. (Il m’arrive aussi de me demander pourquoi j’ai envie de ça.. mais chut!)

Mais, de plus en plus souvent, je prends connaissance de personnes qui galèrent dans mon entourage, proche ou non.

Il y a mes voisins qui parlent ouvertement de leur infertilité. Lui ne produit pas du tout de spermatozoïdes. Il s’est séparé de sa première femme à cause de ça. Il est aujourd’hui heureux avec une femme qui accepte cette infertilité. Ils en parlent quand même beaucoup.

Il y a ce couple qu’on a marié il y a bientôt deux ans et qui entame un protocole de fiv. Le problème viendrait d’elle, les médecins lui ont dit qu’il y avait peu d’espoir, même avec la PMA.

Il y a ce couple qu’on a marié il y a un an et demi et qui commence les examens. Lui est déjà papa d’une précédente union. Pour lui, c’est donc elle la « coupable »…

Il y a le cousin d’un ami et sa femme qui en sont à leur troisième fiv. Le problème vient de lui au départ mais suite à une GEU lors de la fiv2, elle a perdu une trompe.

Il y a cette amie de laquelle je me suis beaucoup rapprochée car elle aussi vivait des fausses couches à répétition. Pour elle, les nouvelles sont bonnes aujourd’hui. Elle vient d’entrer dans le quatrième mois d’une nouvelle grossesse.

Il y a la sœur d’une amie dont j’ai appris la grossesse il y a quelques mois. Je savais qu’ils essayaient depuis longtemps. J’ai su récemment que leur bébé avait été conçu lors d’une Fiv1 avec mon professeur Duràcuir.

Il y a ces amis qui ont mis plus de trois ans à avoir leur petite fille. Elle avait les trompes bouchées et c’est suite à une cœlioscopie qu’elle est finalement tombée enceinte.

Il y a cet homme dont je vous ai parlé récemment, qui a eu un fils grâce au don.

Et ça c’est pour les gens que je connais, je vous passe les amis d’amis… Je sais que si nous n’avions pas parlé de nos propres difficultés autour de nous, nous ne connaîtrions probablement pas la situation de la plupart d’entre eux.

Et autour de vous? L’infertilité est-elle présente?

Ça me fait flipper de savoir que nous sommes autant à galérer. Certes, on se sent moins seul mais ce n’est pas rassurant. Je trouve la PMA et toutes les recherches en matière de fertilité très intéressantes et porteuses d’espoir pour nous tous. Cependant, je ne peux m’empêcher de m’interroger. Il semblerait que l’infertilité croissante soit liée à notre environnement, à nos modes de vie.. pourquoi n’essaye-t-on pas aussi de s’attaquer à la source du problème plutôt que de se contenter de réparer. Ce constat est malheureusement valable dans de nombreux domaines (maladies, conflits, crises, catastrophes naturelles…)

Bref, aujourd’hui, je vois pas la vie en rose. Je réalise que le résultat du dernier spermo m’a vraiment affectée, bien plus que d’apprendre que mon utérus était cloisonné. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de solutions concrètes pour améliorer les choses et qu’il ne s’agit pas de mon corps, donc j’ai encore moins le contrôle.. Ouais, suis un peu tarée..

J’essaye d’y croire pourtant! Je visualise à mort, je me rentre dans le crâne que probablement plein de mecs sont dans la même situation sans le savoir car il font des marmots, que je suis tombée enceinte quatre fois sans problème et sans trop attendre, que le vrai problème c’était la cloison et qu’elle n’est plus, que seuls les plus « vaillants » arrivent à leur fin.. Sur le dernier point, les avis médicaux divergents et je vous avoue que ça m’emmerde fortement.. Mais j’essaye d’y croire!

« Allez viens, on en fait un! »

Perdre ses dents en rêve..

Cette nuit, j’ai rêvé que je perdais une partie de mes dents. C’était affreux, j’ai encore la sensation dans la bouche à l’heure où j’écris. Beurk!

Ça m’est déjà arrivé il y a plusieurs années et on m’avait dit que rêver de la perte de ses dents étaient souvent lié à la mort. Il se trouve qu’aujourd’hui aurait été l’anniversaire d’une de mes meilleures amies morte brutalement (arrêt cardiaque dans son sommeil, comme quoi DN a plus d’un tour dans son sac..) il y a deux ans. J’aurais pu en rester là mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire un tour sur Gogole.com.

Je suis tombée sur l’interprétation de ce cher Sigmund Freud, ça vaut des points :

signification des rêves de sigmund-freudSignification du rêve de dents selon Sigmund Freud:
Pour Freud les dents symbolisent l’anxiété, les phobies, les punitions, un mal de dents représente un désir caché.
Rêver de perdre ses dents figure la crainte de la castration comme sanction vis-à-vis des séances d’onanisme.
Des dents saines et belles représentent votre désir d’une relation équilibrée.
Pour les femmes, les dents sont souvent le symbole des enfants.
Les dents qui tombent aisément dans un rêve signifie que vous accepter de mûrir.
Les dent qui sont douloureuses peut signifier que vous avez du mal à vous conduire comme une personne responsable.
Si vos dents sont arrachées de force, c’est le signe que vous refusez de grandir.
Si dans votre rêve vous vous faites arracher une dent, cela peut signifier que vous allez avoir un bébé.
Rêver de perdre ses dents et les avaler est souvent un songe féminin car il est fréquemment lié à un désir nerveux de grossesse.

Dans mon rêve, mes dents tombaient toute seule au milieu d’une conversation et je les avalais presque.. c’est quand même dommage qu’on ne m’en ait pas arraché une ! 😉

Une rencontre improbable

Mec

Ce mec.. rencontré l’autre soir au cours d’un grand repas de famille. Ce mec, la soixantaine, issu d’une famille « noble », aux idées (politiques entre autres) radicalement opposées aux miennes.

Il faut vous dire que j’adore échanger avec les gens différents, tant qu’ils ne sont pas totalement intolérants.

Autour d’une discussion animée (comme je les aime) sur le mariage pour tous et l’adoption, aux alentours de 4h du matin (inutile de préciser que quelques canons étaient passés par là) :

Lui :  » Ah mais l’adoption, c’est pas toujours un choix, parfois les couples ne peuvent pas avoir d’enfant »

Moi (immédiatement touchée): « …. c’est vrai… »

Lui : « Je suis bien placé pour en parler ».

Moi: « Tu as adopté? »

Lui: « Non, j’ai un fils, mais c’est compliqué ».

Je lui ai demandé si son fils était issu du don. Il a acquiescé. Il m’a confié qu’il était séparé de la mère et qu’aujourd’hui, son fils ne lui parlait plus. Il soupçonne son ex d’avoir dit la vérité à son fils sur sa conception, chose qu’ils avaient décidé de ne pas faire.

Je lui ai confié que son histoire avait de bonnes raisons de me toucher (sans entrer dans les détails), il a compris. Une demie seconde, il m’a pris la main et l’a serré.

J’ai senti en lui une profonde souffrance, derrière toutes les apparences. Lui, catholique de droite, se retrouvant confronté à la PMA il y a plus de 20 ans. Je ne dis pas, qu’étant catho, il a plus souffert qu’un autre. Je pense cependant que nos douleurs et nos réactions par rapport à cette galère sont fortement conditionnées par notre éducation, nos valeurs, nos parcours. Ceci étant dit, renoncer à un enfant « couette » est difficile pour tout le monde, quelles que soient nos racines.

Cette douleur l’accompagne encore tous les jours de sa vie.

L’infertilité rapproche des gens de façon improbable (on le voit bien sur la blogo :)) mais l’infertilité nous laissera-t-elle jamais de répit?

C’est la première fois que je suis confrontée à une rencontre de la sorte et j’avais envie de la partager ici. Touchée, je suis.

Coucou c’est moi, me revoilà !

Le voyage est fini. Nous sommes de retour à Poch’ville, regonflés et en pleine forme! Ces six semaines ont été grandioses. Nous en avions vraiment besoin et nous sommes extrêmement chanceux d’avoir eu la possibilité d’assouvir ce besoin. C’est suite à la dernière fausse couche (la quatrième de son petit nom) que nous avons acheté les billets. Tout s’est si merveilleusement bien goupillé depuis que nous avons aujourd’hui le certitude d’avoir pris la bonne décision. Je vous raconte un peu? Allez, juste un peu.

Le 29 janvier 2015, mon homme et moi avons chaussé nos « semelles de vent » et avons pris notre envol pour notre deuxième patrie, celle où nous avons vécu deux ans, juste avant la « galère ». Après une journée d’avion (j’ai pensé fort à toi Carotte, j’ai eu si peur), vingt heures de bus entre montagnes et forêts, quatre jours de bateau en Amazonie et une tourista (merci la soupe du bateau!) plein de jolies rencontres, nous sommes arrivés à destination. Nous avons retrouvé cette folle ville perdue au milieu de l’Amazonie, la plus grande ville du monde qui ne soit pas joignable par la route. Ah ce bruit, cette chaleur, ces moustiques.. dans mes souvenirs, ils s’étaient estompés, il faut à nouveau s’y réhabituer.. c’est vite fait, ici, c’est la vie qui ressort avant tout. La vie plus forte que tout, indestructible, à l’image de la jungle si proche. Les enfants sont partout, les gens vivent dehors, les mototaxis et les couleurs sont innombrables.. Il m’est impossible de vous rendre fidèlement par écrit ce qu’est cet endroit. Un joyeux bordel. On ne peut que l’adorer ou le détester.

Puis, viennent les retrouvailles, tant attendues mais aussi un peu appréhendées. Vont-il se souvenir de nous? Seront-ils contents de nous voir? Vont-ils nous harceler de questions quant à l’absence d’enfants à nos côtés? Oui, oui et oui ! L’accueil fût incroyable. Que de bons moments nous avons partagés, beaucoup bien arrosés ! Même les nombreuses questions sur nos enfants ne m’ont pas blessée. La toute première a été un peu brutale : « Et alors? Tu ne peux pas avoir d’enfants? » mais elle m’a permise d’accueillir les suivantes de façon sereine. Selon les cas, nous avons été honnêtes, ou pas tout à fait.

Au total, nous avons passé trois semaines dans cette folie. Trois semaines intenses et magnifiques. Nous en avons bien sûr profité pour étudier de plus près la proposition « pro » qui nous avait été faite. Et tout compte fait, nous ne pensons pas accepter, pour différentes raisons. Principalement, bien que très heureux là bas, nous n’avons pas eu le sentiment que notre vie était à tout prix là. Nous sommes et serons heureux partout, surtout quand nous aurons notre famille.

Puis, nous avons fait nos adieux et sommes partis passés une semaine en forêt auprès d’un couple d’amis chaman. Une expérience inoubliable, entre cérémonies d’ayahuasca et diète de plante. Sans rentrer dans les détails et au risque d’être définitivement prise pour une folle, j’ai maintenant la certitude que nous allons avoir des enfants. Les doutes reviendront sûrement mais aujourd’hui, je sais que tout va bien se passer. Je l’ai senti, je l’ai vu, la « madre naturaleza » (ou DN) me l’a montré. Elle veille sur nous, elle est en nous, je ne l’oublierai plus jamais. Nous avons notamment vu (tous les deux, chacun de notre côté) notre premier enfant. Je ne vous révèle pas le sexe aujourd’hui, je ne voudrais pas faire foirer la surprise du gender cake ;).

J’ai longuement hésité avant de partager cela ici mais, comme vous, j’ai envie d’être honnête sur ce blog et cette expérience a tout à fait sa place ici, dans mon histoire.

Nous avons achevé notre voyage par une semaine dans les Andes. Des ballades à vous couper le souffles (et les pieds), d’autres retrouvailles, de nouvelles rencontres.. Magique !

Il faut maintenant revenir à la réalité. Le travail reprend demain (et c’est tant mieux !). Dans un peu plus de deux semaines, la veille de mes 31 ans, Marcel sera réaménagé et prêt pour accueillir notre premier enfant, qui arrivera quand il arrivera. Mes peurs me semblent tellement loin aujourd’hui que je me surprends à avoir hâte d’avoir le ventre rond, sans penser aux angoisses qui pourraient venir avec ce ventre..

Je suis de retour ! Et je suis avec vous, de tout cœur.

Mon premier cheveu blanc !

cheveu blancAvant (quand je vivais au pays des bisounours), je pensais que j’aurais mon premier enfant avant 30 ans.

Avant, je pensais que j’aurais mon premier enfant avant mon premier cheveu blanc.

Mais si on avait ce qu’on voulait, ça se saurait.

Aussi, je n’ai pas été plus surprise que ça quand, ce matin, j’ai découvert un gros cheveu blanc d’à peine un centimètre de long sur le dessus de mon crâne.. Chérinou devant la glace à mes côtés à cet instant, a pu confirmer et m’en a même pointé un deuxième, plus fin mais plus long..

Voilà, j’ai 30 ans, toutes mes dents, pas d’enfants et des cheveux blancs.

Bon, j’avoue, ça fait drôle quand même.. mais ce ne sont pas deux pauvres cheveux qui vont me dégonfler (encore raté DN! Tu ne me feras pas tomber!) surtout que grâce à Carotte, je sais que 2015 sera confiance, succès et bonheur 🙂

Pour celles qui sont déjà passées par là, vous avez fait quoi? On arrache? On teint? (j’ai jamais teint mes cheveux..).