L’arrivée de Chispa

Comme promis, je reviens vous conter l’arrivée de notre petite fille, notre Chispa qui remplit désormais nos bras et comble nos cœurs. Je préviens que l’article est probablement un peu décousu car écrit en plusieurs fois et avec beaucoup d’émotions dedans..

Pour celles et ceux qui sont suivi, nous avons tout fait pour que l’accouchement puisse avoir lieu sur un plateau technique avec notre sage femme dans le cadre d’un accompagnement global. En bref, nous souhaitions un accouchement physiologique, avec le moins d’intervention médicale possible..

Oui mais voilà.. les choses ne se passent pas toujours comme on les prévoit (on le sait bien sur la blogo) et nous avons finalement eu une des versions les plus médicalisées de l’accouchement. C’est sans regret que je viens raconter nos aventures aujourd’hui car finalement, peu importe comme elle est arrivée, l’important c’est qu’elle soit là et en parfaite santé.

Vendredi 15 juillet – DPA:

J’ai jusqu’à minuit pour me mettre en travail si nous voulons avoir accès au plateau technique. Toutes les astuces naturelles sont essayées mais rien n’y fait, Chispa reste au chaud. Un monito nous indique que tout va bien. Si rien ne se passe dans les jours à venir, un monito sera réalisé tous les deux jours jusqu’à DPA+5, date limite pour un déclenchement par ici.

Chispa ne se décide pas. Nous renonçons donc au plateau technique et surtout à un accouchement avec notre sage femme. Je suis déçue mais reste focalisée sur l’essentiel, elle va bien et quoi qu’il arrive, dans quelques jours au plus tard, elle sera avec nous. Et puis, il reste la possibilité d’accoucher en salle nature..

Mercredi 20 juillet – DPA+5:

Toujours pas de Chispa et pas l’ombre d’une contraction sérieuse. Physiquement, je me sens plutôt bien malgré la chaleur mais moralement, je faiblis.. Ça fait trois semaines que je guette la moindre contraction, que je ne dors plus beaucoup la nuit.. et le déclenchement, je le crains. C’est donc un peu dépitée pour ma part que nous nous rendons à la maternité ce mercredi matin. Chispa est toujours en pleine forme chez Marcel mais la procédure c’est la procédure et on démarre le déclenchement. Adieu accouchement physiologique. Chispa, bientôt, sera avec nous.

Autour de 9h, la sage femme de garde place le tampon de prostaglandine et c’est parti pour deux heures de monito. Rien ne se passe dans les heures qui suivent. On en profite pour se balader en ville.. En fin de journée, mon homme me laisse. La maternité étant blindée (jour de pleine lune?), je suis installée dans une salle de pré travail sans fenêtre. Je n’ai toujours pas de contraction, c’est glauque, je craque..

Finalement, vers 20h, les premières contractions se font enfin ressentir. Elles ne sont pas douloureuses du tout mais sont très rapprochées d’entrée (toutes les 5 minutes). Mon col sera vérifié régulièrement, il se modifie bien. Je ne me souviens plus des détails mais je sais que chaque examen est très douloureux, apparemment c’est la faute au tampon.

Mon homme revient passer la nuit auprès de moi et s’installe par terre sur mon matelas de yoga. Vers 23h, les contractions sont de plus en plus intenses et, bien que gérables, elle rendent la position allongée insupportable, pas de dodo pour moi. J’arpente donc les couloirs, la nuit est très longue.. La douleur est de plus en plus forte et les contractions toujours très rapprochées (2 à 3 minutes).

Jeudi 21 juillet – DPA+6

A l’aube, je ne gère déjà plus rien.. Je n’étais pas préparé à ça, je m’étais préparée à des vagues avec un répit entre chaque. Là, je n’ai pas le temps de souffler qu’une nouvelle vague m’emporte.. Toute la préparation est inutile car je n’ai pas le temps de mettre quoi que ce soit en place pour me soulager. Mon homme aussi est complètement impuissant et pris au dépourvu.

A 8h, je sais que mon projet de naissance est définitivement à l’eau.. Je vais demander une péridurale, j’ai trop mal, je vomis et la fatigue est trop grande. J’ai besoin d’une trêve. Je ne suis pas une « warrior » et comme une majorité de femme dont l’accouchement a été déclenché, je rends les armes..

A 11H30, je suis en salle de travail, je souffle grâce à la péridurale qu’on vient de me poser. Moi qui voulait un accouchement sans analgésie, j’ai bien failli embrasser l’anesthésiste et son équipe. Mon col est ouvert à 7. Chispa devrait arriver dans l’après midi. En attendant, je me repose.

Dans l’après-midi, le travail est ralenti (la faute à la péri?). On m’injecte donc de l’ocytocine (je vous ai dit que j’avais eu la totale?) histoire de booster un peu Marcel. De mon côté, j’essaye d’appuyer le moins possible sur le bouton magique, je veux sentir les contractions, je veux sentir Chispa venir au monde.

Vers 20h-21h, le col est enfin complètement ouvert. On attend deux heures pour voir si Chispa s’engage un peu dans le bassin (elle ne semble pas décidée).

Vers 23h, Chispa est au « premier étage », je peux pousser. N’ayant pas trop abusé du bouton magique, j’y arrive bien et sens bien les contractions. Mais Chispa ne veut toujours pas descendre. Après 30 minutes environ, le gynéco de garde et sa ventouse sont appelés à la rescousse. Pas mieux.. Je vous épargne les détails. Le gynéco est embêté. Je suis grande, il ne s’agit pas d’un très gros bébé, ça devrait passer.. Mais elle ne descend pas et il va donc falloir faire une césarienne (la totale!!).

Tout va très vite, je suis emmenée dans le salle d’à côté et entourée immédiatement d’une équipe affairée à tout préparer. On me déplace, on m’injecte, on me cache le ventre, on m’ouvre..

A 23h52, Chispa pousse sa première mélodie. Je ne la vois pas mais j’entends sa douce voix. Je sais qu’on l’apporte à son papa resté dans la salle de travail juste à côté. Je sais qu’elle va bien. J’attends qu’on me recouse pour aller les rejoindre. Quelques minutes plus tard, alors que je suis encore sur la table, les bras en croix, la sage femme s’approche de moi avec Chispa.. Je ne m’y attendais pas du tout!! Elle est si belle.. Elle retourne ensuite en peau à peau avec son père et je les rejoins rapidement. On me l’apporte à nouveau, elle tète toute de suite, nous sommes tous les trois, c’est magique.

Et depuis..

Nous sommes les heureux parents d’une merveilleuse petite fille. On vous dit avant que votre vie va changer mais je crois qu’on ne mesure jamais vraiment de quelle façon.. Oui nous sommes fatigués, oui les nuits sont hachées, oui l’allaitement est prenant, oui nous n’avons plus une minute à nous.. mais nous sommes une famille!! Et je ne ressens plus ce vide vertigineux qui me faisait si peur.. Ma vie est pleine, je suis comblée. Aujourd’hui, je n’ai besoin de rien d’autre, je me sens en paix. Et quel bonheur quand je les vois tous les deux, l’un contre l’autre. Lui avec ses yeux plein d’amour. Elle avec son petit corps totalement abandonné, en confiance. Je les aime si fort..

Vive la blogo ❤

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chispa est là

Chispa a finalement rejoint les bras de ses parents le 21 juillet, un poil avant minuit, après quasiment une semaine de rab au chaud..

Pas une seconde de l’accouchement (et il y en a eu des secondes) ne s’est passée comme « prévue ». Je viendrai vous raconter ça quand mes bras seront un peu plus dispos.

Ça n’a aucune importance, notre petite fille est absolument parfaite et nous sommes plus que comblés.

Merci pour tout votre soutien, tout au long de cette attente.

J’aimerais tellement que chacun d’entre vous puisse connaître ce bonheur.

Quand Marcel fait du zèle (41SA – DPA)

Marcel n’a pas fini de nous surprendre, voilà qu’il se met à faire du zèle maintenant! Aujourd’hui, c’est normalement le grand jour, le jour de la rencontre avec Chispa. A vrai dire, nous pensions même que la rencontre aurait déjà eu lieu.. Mais c’était sans compter sur l’ami Marcel, dont le col est à peine ouvert à ce stade (un bout de doigt). Il faut croire qu’il s’est attaché à Chispa le bougre!

Mais nous aussi, on voudrait faire sa connaissance.. Il nous tarde de planter nos yeux dans les siens, de serrer nos mains dans les siennes, de l’embrasser, lui caresser le dos, lui sentir les cheveux (s’il y en a) et découvrir leur couleur..

Du coup, on est entrés dans la case « suivi rapproché » avec une visite à la mat’ (monito et compagnie) tous les deux jours jusqu’à DPA+5 et un éventuel déclenchement. Pour l’instant, Chispa va très bien, Marcel est toujours un palace. C’est l’essentiel!

J’avoue que je suis quand même un peu déçue quand je pense que si le travail ne se met pas en route avant minuit ce soir, il faudra renoncer au plateau technique et donc à un accouchement avec NOTRE sage-femme. Je me console en me disant que cela n’empêche pas un accouchement physiologique. Par contre, j’espère vraiment ne pas arriver jusqu’au déclenchement chimique.

En attendant, j’ai essayé plein plein de choses pour déclencher naturellement le travail: la méthode italienne, les feuilles de framboisier, l’homéopathie, les capsules d’huile d’onagre, l’acupuncture (pratiquée ce matin par une sage-femme de la mat’), le ménage, la voiture, la marche, écrire un article, ne pas y penser (oui, il paraît que c’est valable aussi dans ce cas..).

Quelques heures ou jours d’attente supplémentaires mais nous y sommes presque ❤

 

Chispa & Marcel, une équipe de choc (40SA+1)

Si on m’avait dit que je serais toujours enceinte à ce stade.. Moi qui ai passé la majeure partie de ma grossesse à craindre la fausse couche précoce, puis la fausse couche tardive, puis l’accouchement prématuré.. Me voilà maintenant à espérer ne pas dépasser mon terme. Et quel bonheur d’en être à espérer cela, preuve que tout va bien et qu’après la galère, on peut vivre une grossesse merveilleuse (ou presque).

Il semblerait donc que Chispa et Marcel (je précise pour les nouveaux qu’il s’agit de mon utérus « décloisonné ») s’entendent parfaitement et que ce dernier soit vraiment devenu un intérieur 4 étoiles dans lequel Chispa s’épanouit, pas toujours en douceur, mais toujours pour le plus grand bonheur de ses parents qui l’attendent maintenant avec impatience.

Tous les soirs, je me couche en me disant « et si c’était pour cette nuit ». Je me sens prête, même si j’ai forcément quelques appréhensions. Mais pour l’instant, à part quelques petites contractions par ci par là et une tête qui appuie bien sur le col, rien à signaler.

Las affaires sont prêtes, la maison est prête, les parents sont prêts.. et on est presque décidés pour le prénom. Chispa, tu viens quand tu veux!

Plein de pensées pour celles et ceux qui vivent d’autres attentes..

 

Victoire

Non, je ne crie pas « victoire » trop vite, Chispa n’a pas encore pointé le bout de son petit nez. « Victoire », c’est le premier mot du message que m’a envoyé ma sage-femme il y a deux jours.

Car finalement, la grossesse se passant bien, nous sommes autorisés à accoucher sur le plateau technique. Quel bonheur! Après tant de médicalisation non souhaitée, nous pouvons enfin envisagé la naissance de notre enfant telle que nous l’avons rêvée, sans médecins, un accouchement dit « physiologique ».

Bon bien sûr, tout ça, c’est si tout continue à bien se passer. Mais j’ai confiance en Chispa et de plus en plus en Marcel qui semble être devenu un utérus haut de gamme. Comme quoi, tout est possible!

Nous avons au l’écho T3 la semaine dernière, tout est parfait. Chispa reste timide et n’a pas voulu montré son profil mais sa position était la position idéale pour la naissance (tête en bas et dos à gauche) et les mesures très bonnes. Ce ne sera pas un très gros bébé, par contre, sa tête est bien ronde (qui a dit « aïe »?).

La naissance est prévue pour le 15 juillet, ça approche à grand pas. La maison est presque prête. Ayant passé le stade des 7 mois, je suis assez sereine. Dans l’ensemble, je vis une grossesse facile, je n’ai même pas un très gros ventre et ça me convient très bien. Le truc le plus désagréable, ce sont ces petits boutons apparus sur la poitrine il y a une semaine et qui se répandent sur le corps et grattent mais grattent.. Mais d’après ma sage-femme et le doc, aucun danger pour Chispa. Par contre, il se peut qu’ils ne me laissent tranquilles qu’après la naissance.

J’ai encore du mal à réaliser qu’il s’agit de nous et que dans quelques semaines, nous allons rencontrer Chispa.

De l’autre côté

L’autre jour, une lectrice de l’ombre, »décloisonnée » comme moi, me disait que je devrais écrire un article sur ce que ça fait de vivre enfin ce qu’on a attendu si longtemps. Pas si simple comme question.. en tout cas, pas simple de mettre les bons mots sur cette foule de sentiments.

C’est vrai que vivre ce qu’on a imaginé, projeté, fantasmé, attendu… depuis tellement de temps est assez fou.

L’impression permanente de vivre un rêve.

L’angoisse que tout s’arrête (même si la torture du premier trimestre semble loin maintenant) ou que quelque chose se passe mal.

Le bonheur incroyable de sentir Chispa bouger, de voir mon homme s’émerveiller devant mon gros ventre (je ne peux maintenant plus le cacher) qui bougent parfois tout seul et les coups de Chispa sous ses mains.

L’incrédulité que tout se passe aussi bien après tant de galères. Je vis pour l’instant une grossesse parfaite. Il y a bien quelques désagréments mais Chispa se porte comme un charme, et c’est tout ce qui compte.

Le bonheur encore de préparer le nid qui accueillera Chispa dans deux mois et demi maintenant!

La peur que tout ne soit pas prêt, de ne pas être à la hauteur.. cette peur qui me rend si stressée par moment (je n’ai jamais été aussi chiante de toute ma vie – enfin j’espère).

Les larmes de joie quand, en lisant un bouquin sur l’accouchement, en me rendant à un rendez-vous de suivi, en écrivant un article…, je réalise qu’il s’agit bien de moi, de nous.

Le bonheur toujours d’échanger sur le choix du prénom, de programmer nos premières vacances à trois cet été, de tricoter son doudou et ses premiers vêtements..

La contradiction : tout cela semble à la fois extraordinaire et si naturel.

Le rapport au temps est complètement différent aujourd’hui. Moi qui vous disais au début de cette grossesse qu’être enceinte était une étape que je considérais nécessaire mais que je redoutais, je me prends à apprécier cet état et à ne plus voir le temps passer. J’ai même l’impression qu’il me file entre les doigts!

J’aimerais tellement que vous, qui êtes encore du côté de l’attente, puissiez bientôt nous raconter vos impressions, le passage de « l’autre côté ».

J’écris moins mais je lis toujours et attends avec vous les bonnes nouvelles.

 

Echo T2 & point sur notre parcours

L’échographie du deuxième trimestre a eu lieu ce matin et Chispa va très bien. Ce n’est pas un bébé photogénique (se cache derrière ses petits bras ou bouge trop), mais on s’en moque bien, l’important c’est de se porter comme un charme.

Nous étions très émus et sommes très heureux. Notre bonheur est là, enfin.

A l’écho, il n’y avait même pas de trace de cette cloison et la gynéco n’a pas compris pourquoi on me l’avait présentée comme un problème pour l’accouchement. A suivre.

Maintenant que j’ai la confirmation que tout va bien et que je pose mes fesses dans le wagon de la sérénité (enfin en théorie hein), j’aimerais en profiter pour faire un point sur notre cas. Je me dis que cela servira peut-être à quelqu’un un jour.

NOTRE PROBLÈME : les fausses couches à répétition (4)

CHEZ LUI:

Problème :

Tératospermie :
1er spermogramme en labo classique => 87 % d’atypiques. Mais une bonne quantité (300 millions).
2ème spermogramme en labo PMA => 94 % d’atypiques, une mobilité pourrie (4 % après 4h) => Indice de fertilité très faible.

Observations :

Comment j’ai pu être enceinte quatre fois avec des résultats pareils ?

Ici, les avis divergent. D’après certains gynécos, la tératospermie peut tout à fait être responsable de fausses couches. D’après d’autres (c’est le cas de mon Prof Duràcuir), seuls les plus vaillants arrivent à l’ovule.

Actions :

Ne pas paniquer. Se convaincre que le 2ème « spermo cata » était dû à une récente grippe.

Une écho des testiboules qui n’a montré aucune anomalie.

Deux mois de cure de bét@selén.


 

CHEZ MOI:

Problèmes :

  • Une cloison utérine constatée par échographie 3D (a priori le problème majeur).
  • Des anticorps anti-nucléaires (positif au 1/80ème).

Observations :

  • La cloison utérine est connue pour être responsable de fausses couches, même tardives car le fœtus n’a pas assez de place pour se développer.
    Dans mon cas, les fausses couches étaient précoces (autour de 9SA). D’après les docs, les embryons s’accrochaient à la cloison au lieu de s’accrocher aux parois utérines et n’étaient donc pas correctement alimentés.
  • Les anticorps anti-nucléaires sont parfois tenus responsables des fausses couches à répétition.

Actions :

  • Résection de la cloison par hystéroscopie opératoire (rapide et efficace).
  • Prise de k@rdégic dès le test positif et prévue jusqu’au 6ème mois.

Ça c’est pour ce que les médecins ont souligné et cherché à régler. De mon côté, je me suis toujours demandée si mes ovulations n’étaient pas « imparfaites » avec une AMH à 1.8, des ovulations douloureuses et de très nombreux follicules à chaque fois. En parallèle des actions médicales, j’ai donc fait attention à mon alimentation et j’ai pratiqué la méthode Aviva Steiner dont je vais ai déjà parlée.

Ce qui est sûr, c’est que l’ovulation dont Chispa est le fruit n’a pas été douloureuse, à tel point que je pensais ne pas avoir ovulé ce mois-là..

Au final, on ne sait pas vraiment si la cloison était la véritable entrave ou si c’est l’association de tous ces problèmes qui causait notre malheur.

On sait juste que malgré l’accumulation de problèmes, on peut y arriver.

La différence (22SA..)

Voilà quelques temps que je ne suis pas venue noircir la toile.. Un mélange de pudeur associée à un tourbillon de sensations et de pensées dont il est difficile de rendre compte par des mots. Je vais tout de même tenter de vous donner quelques nouvelles, si vous le voulez bien.

Je suis aujourd’hui à un peu plus de la moitié de cette grossesse. C’est incroyable, je réalise à peine ce qui nous arrive malgré les différents signes. Depuis deux-trois semaines, je sens bien Chispa qui étincèle dans mon ventre (quel joie). Ce dernier reste discret mais s’arrondit quand même de plus en plus au point qu’on me pose la question.

Depuis environ deux semaines, je l’annonce ouvertement autour de moi, notamment aux collègues. Les gens doivent penser que je suis sans cœur ou complètement insensible car quand eux s’emballent et s’empressent de poser toute une série de questions et de partager leurs expériences, je reste assez neutre. La prudence, toujours.

Pourtant, il y a quelques semaines, je me suis prise pour une femme enceinte comme les autres. J’ai commencé à penser à mon accouchement et à la naissance de notre Chispa. J’étais toute heureuse d’apprendre qu’un plateau technique ouvrait en mars dans notre coin et d’avoir trouvé LA sage-femme pour un accompagnement global. J’imaginais déjà un article « De la PMA à l’accouchement naturel ».

Oui mais non. Pour l’instant, les gynécos de l’hôpital en question me refusent l’accès au plateau technique à cause de mes « antécédents ». P*tain de cloison.

Bon, c’est un gros problème de riche, j’en ai bien conscience. L’important c’est que Chispa se porte bien. En parlant de ça, l’écho du deuxième trimestre est prévue mercredi. J’ai hâte et en même temps, j’ai peur.. J’espère que le rêve va continuer et que tout ira bien mercredi.

Car en ça je suis comme toutes les femmes enceintes, pleine de frayeurs. Le moindre tiraillement, l’absence prolongée de coups, un gros coup de pompe.. me font stresser au plus haut point. D’ailleurs, soi-disant le deuxième trimestre est une période d’épanouissement.. Que nenni par ici! Je dors (parfois debout) après chaque repas, ma libido n’est pas vraiment au top et je n’ai pas l’impression de rayonner du tout.. Je pleure pour un rien et me mets en colère pour tout.

Cela ne m’empêche pas d’être heureuse et de savourer ma chance, coup après coup.

J’écris moins mais je vous lis presque chaque jour et pense à vous encore plus.

 

 

 

 

Après le front? (16SA)

Je comprends maintenant pourquoi c’est si dur d’écrire une fois (plus ou moins confortablement) installée dans ce train. Il y a trop d’émotions, trop de sentiments contradictoires qui se bousculent dans ma tête, c’est très dur d’en rendre compte de façon claire.

Toutefois, je n’ai pas l’intention d’abandonner la blogo. Écrire ici et être entendue a été la meilleure thérapie possible. Je ne sais même si j’en serais où j’en suis aujourd’hui sans vous.

Presque quatre semaines se sont écoulées depuis l’échographie des 12 SA, celle qui devait marquer la fin de la torture. Je dis torture car c’est bien cela que je me suis infligée pendant tout le premier trimestre de cette grossesse. A chaque seconde, j’étais terrorisée à l’idée que le cœur de Chispa ait cessé de battre, je dormais mal, je pleurais souvent, je tremblais, j’étais complètement repliée sur moi, comme paralysée par cet état, plus moi-même. Dans ma tête, je m’étais dit que si cette fois encore je devais revivre une fausse couche, ce serait la dernière. Je ne retenterais pas d’autre grossesse, c’est trop dur.

Puis les semaines ont passé et la fameuse écho est arrivée.

Je n’ai pas l’intention de faire comme Miliette et de vous faire croire que depuis, je profite! 😉

La vérité, c’est que de telles angoisses ne peuvent pas s’envoler du jour au lendemain. Mais petit à petit, elles s’estompent vaguement et font un peu de place à d’autres émotions, telles que la joie. La joie de se dire que, si tout va bien, nous serons parents en juillet. Ça me semble dingue.. Je vois mon ventre qui commence à s’arrondir, c’est irréel.

Il y a aussi les émotions des annonces.. qui ne se passent pas du tout comme je les avais imaginées tant de fois. Si les gens qui reçoivent la nouvelle ont généralement la réaction attendue, ce n’est pas notre cas. Nous restons prudents, surtout moi. Dès que les gens commencent à me parler de nous donner ou prêter du matos, je les arrête. « On n’en est pas là! »

Mon homme est persuadé que tout va bien se passer. Moi aussi parfois. Mais je n’oublie pas. Je n’oublie pas que DN m’a mise au monde avec un utérus cloisonné et que sans la PMA, mon corps n’aurait sans doute jamais pu porter à terme un enfant.

A toutes les angoissées de la blogo, quelles que soient vos raisons, je vous souhaite que d’autre émotions viennent vite chasser ces vilaines peurs.

 

Les larmes de joie (12SA+3)

Il y a un an, le 30 décembre 2014, après 4 fausses couches pas vraiment expliquées et beaucoup de larmes versées, nous rencontrions le Professeur Duràcuir pour la première fois. C’était au CHU de Not’ville (notre ville natale à tous les deux). Très vite, il allait diagnostiquer une cloison utérine qu’il « abattrait » lui-même quelques mois plus tard (la veille de mes 31 ans).

Le 1er janvier 2015 à 0h, au moment de trinquer, mon hommes annonçait plein d’espoir à tous nos amis présents que 2015 serait une grande année. Et il avait raison le bougre (il dirait qu’il a toujours raison).

Il y aura en effet eu beaucoup de positif en 2015.. Un voyage dans notre belle Amazonie, un Marcel tout neuf, des nouvelles « vocations » confirmées pour lui et moi avec la réussite d’un concours et un déménagement dans un véritable coin de paradis..

Mais rien n’est comparable à ce que nous avons vécu hier matin, quand nous avons eu l’immense bonheur de redécouvrir notre étincelle, notre Chispa. Le hasard a voulu que l’écho tombe encore un lundi.. après plus de trois semaines sans la voir.. Quelle angoisse! J’étais à l’affût de chaque symptôme, chaque signe, tous me paraissaient inquiétants. L’absence de saignement depuis deux semaines m’a quand même permis de respirer un peu, mais je crois n’avoir jamais été aussi chiante que pendant ces interminables semaines. Pauvre homme..

L’échographie a eu lieu dans une clinique de Not’ville, puisque c’est là que nous sommes pour les fêtes (à 800 km de notre nouveau chez nous). Le doc a été adorable. A peine avait-il posé la sonde sur le ventre (grande nouveauté!) que nous observions notre Chispa bien vivante. Gros soupir de soulagement de moi-même. L’homme était tout ému. Il n’a pas dit un mot, ses yeux, brillants, ne quittaient pas l’écran, nos mains se serraient fort. Il faut dire qu’il y avait du spectacle. Chispa était si active que le doc a eu un peu de mal à prendre les mesures. Tant mieux, nous avons pu la voir plus longtemps. Toutes les mesures sont bonnes. On respire.

Je crois que j’ai quand même beaucoup de mal à réaliser. Je n’arrive pas à croire que la roue puisse avoir tourné.. J’ai l’impression que tant de bonheur ne m’est pas destiné. Est-ce vraiment pour moi? Ou serait-ce une erreur? J’ai tant de fois lu les récits sur la blogo de ces échographies. J’ai aimé les lire car je les voyais comme des messages d’espoir, même si ces moments m’apparaissaient inaccessibles.

Vous l’aurez compris, tel un chat échaudé je reste prudente. Toutefois, aujourd’hui, il semble que l’inaccessible soit devenu accessible.

Je pense fort fort fort à toutes celles et à tous ceux pour qui l’année 2015 a été bien trop cruelle.

Que l’année 2016 soit douce.